Etre un parent parfait…

Les exigences envers soi-même – une barre qui peut aller très haut

Quand on anime des ateliers qui apprennent comment avoir une communication bienveillante avec les enfants, on accueille des participants qui veulent devenir de meilleurs parents et sont parfois très exigeants avec eux-mêmes.

C’est exactement ce que j’ai vécu lorsque j’ai été participante il y a une dizaine d’années. Je ne me sentais pas à la hauteur, je ne me sentais pas épanouie comme maman car je m’énervais souvent, j’étais frustrée de ne pas être écoutée par mes enfants et je culpabilisais dès que je criais. J’ai suivi les ateliers et découvert des outils très utiles, mais dès que je n’arrivais pas à les utiliser, à dire ces belles phrases pleines de sens, je m’en voulais et me disais « à quoi bon ! » Je ne voyais pas toutes les fois où j’avais réussi, où j’avais pu accueillir une émotion, écouter sans juger, encourager, faire coopérer. Je voulais que ça « fonctionne » à 100%, ne plus jamais m’énerver, ne plus jamais lever les yeux au ciel, ne plus pleurer de désarroi…la maman parfaite, quoi ! Je me suis souvent épuisée, à me demander ce que j’aurais dû dire, à me demander pourquoi mes enfants se comportaient d’une certaine manière, je voulais tout maîtriser, tout contrôler. Quelle folie !

Puis, j’ai eu la chance d’avoir une pause, une longue pause. Un voyage de plusieurs mois à l’étranger en famille qui m’a permis de prendre du recul, de lire et de mieux comprendre des passages de livres d’éducation positive sur lesquels je ne m’arrêtais pas auparavant : « Si on connaissait le genre d’action qui aide une enfant à apprendre une fois pour toutes, on pourrait en faire la liste, la publier et la faire parvenir à tous les parents du monde.(…) Les enfants n’apprennent pas une fois pour toutes. Ils apprennent maintenant. Puis encore maintenant. Toujours maintenant » (Haim Ginott). J’ai aussi compris que mes fils pouvaient se disputer sans limites, car le lendemain ils savaient que leur frère serait toujours là, ce qui n’est pas forcément le cas avec un ami. J’ai compris que les connaissances que j’avais acquises me donnaient des outils pour permettre à mes enfants de connaître leurs émotions, d’avoir confiance en eux et d’éviter le plus possible de dire des mots blessants, mais la vie avec eux ne serait jamais un long fleuve tranquille. Les conflits, les malentendus font partie de la vie, comme les émotions qui peuvent générer des actes irréfléchis. Je me souviens par exemple des hivers à ski où j’hurlais à travers les pistes pour que mes enfants ralentissent parce que je crevais de trouille qu’ils se fassent renverser. Malheureusement, je provoquais plus de risques, car ils se retournaient et c’était encore plus dangereux. J’ai aussi en mémoire une colère monumentale lorsque mes garçons se sont battus violemment et que je suis arrivée comme une furie pour les séparer en leur criant dessus qu’ils étaient complètement cinglés et que j’avais loupé mon éducation !

Tout ça pour dire qu’aujourd’hui, quand j’ai la chance d’animer des ateliers « Faber & Mazlish », je reste humble pour transmettre ces magnifiques habiletés. L’idée est de pouvoir prendre conscience que certains mots n’ont pas leur place dans une relation bienveillante et qu’il est possible de s’exprimer, de se faire respecter sans blesser verbalement ou physiquement. Toutefois, la vie au quotidien avec un ou plusieurs enfant(s) est un métier bien difficile et c’est important pour moi de déculpabiliser les parents et de montrer que la visée est belle, mais ce qui est indispensable, c’est de se pardonner ses erreurs. C’est le meilleur exemple que nous pouvons donner à nos enfants pour qu’ils se pardonnent les leurs !

Valérie Moret / 26.01.2020
http://www.dayaaluta.ch


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